Dimanche 7 juillet 2019 : le tour de la péninsule de Thingery
... Suite de l'article précèdent...
Il est déjà 14h... il faut que je stoppe pour déjeuner (lieu sur la photo ci-dessous), Je sors ma chaise pliante ( oui c'est un luxe à transporter (400 gr !) mais quel plaisir à l'utilisation ! ) Je la déplie et me prépare un déjeuner panoramique "fjords", il fait un temps clair et ensoleillé, on y voit à des dizaines de km...
En face de moi des fjords alignés les uns aux autres se succèdent de manière régulière, comme d'immenses vaisseaux alignés, beau spectacle, étrange, un côté inquiétant même.
50 km sur une route qui n'en est pas une, c'est long. Une montée, une descente, une montée... il faut pas trop réfléchir.... Les fjords d'en face disparaissent et laissent place à mesure que j'avance à la pleine mer. Je crois que c'est la première fois du voyage que je suis face à la pleine mer. J'ai lu que les jours de beaux temps on voit le Groenland au loin; je suis attentif, bien sûr que je le vois la bas, ceux sont des montagnes au loin... enfin j'en sais trop rien... c'est beau d'y croire.
A chaque fois que le terrain le permet, il y a une ferme; dans les fjords de l'Ouest et ici en particulier malheureusement, il s'agit souvent de fermes abandonnées. Il y a pas si longtemps finalement la moindre parcelle de la terre de glace était exploitée.
Les fermes les plus isolées sont évidemment les plus susceptibles d'être abandonnées...
L'histoire de la ferme Svalvogar est anecdotique. Elle se situe à mi-chemin de la rando, cette ferme n'était accessible que par la mer. L'administration des routes avait essayé de construire une route mais avait abandonné face à la difficulté et au danger. En 1973, un fermier nommé Kjaran venant d'une autre ferme du secteur se mis en tête avec son fils de faire le job. Ils réalisèrent d'une traite une première jonction par le sud. Neuf ans plus tard ils réalisent la boucle complète par le nord... un bulldozer et deux acharnés... Kjaran gagna une notoriété locale immense. Il est malheureusement désolant de voir lors de mon passage que la ferme Svalvogar est abandonnée (voir ici sur Google Maps) . Même avec un 4x4 et l'existence d'une route, l'isolement est immense, on imagine en hivers avec quantité de neige. Et à contrario, je croise non loin une petite datcha en construction...
Il est déjà 14h... il faut que je stoppe pour déjeuner (lieu sur la photo ci-dessous), Je sors ma chaise pliante ( oui c'est un luxe à transporter (400 gr !) mais quel plaisir à l'utilisation ! ) Je la déplie et me prépare un déjeuner panoramique "fjords", il fait un temps clair et ensoleillé, on y voit à des dizaines de km...
En face de moi des fjords alignés les uns aux autres se succèdent de manière régulière, comme d'immenses vaisseaux alignés, beau spectacle, étrange, un côté inquiétant même.
Une vue spectaculaire
Un panoramique de la zone
Je repars, un seul guet est indiqué sur la carte mais je vais en prendre 4 ou 5 et me tremper les baskets deux fois...
Les petites prairies acculées à la mer par les montagnes laissent peu à peu place à des falaises escarpées. Le chemin n'a plus d'autre choix que de descendre longer les vagues. La zone en galet n'est pas du tout roulable pour un vélo et je pousse. Je me fais de temps en temps attaquer par des Sterns arctiques. Ces oiseaux sont terribles ils piquent sur le casque et vous frôlent dans un vacarme inquiétant; les premières fois on flippe et puis on s'y fait.
La route lèche de plus en plus le rivage
50 km sur une route qui n'en est pas une, c'est long. Une montée, une descente, une montée... il faut pas trop réfléchir.... Les fjords d'en face disparaissent et laissent place à mesure que j'avance à la pleine mer. Je crois que c'est la première fois du voyage que je suis face à la pleine mer. J'ai lu que les jours de beaux temps on voit le Groenland au loin; je suis attentif, bien sûr que je le vois la bas, ceux sont des montagnes au loin... enfin j'en sais trop rien... c'est beau d'y croire.
A chaque fois que le terrain le permet, il y a une ferme; dans les fjords de l'Ouest et ici en particulier malheureusement, il s'agit souvent de fermes abandonnées. Il y a pas si longtemps finalement la moindre parcelle de la terre de glace était exploitée.
Les fermes les plus isolées sont évidemment les plus susceptibles d'être abandonnées...
L'histoire de la ferme Svalvogar est anecdotique. Elle se situe à mi-chemin de la rando, cette ferme n'était accessible que par la mer. L'administration des routes avait essayé de construire une route mais avait abandonné face à la difficulté et au danger. En 1973, un fermier nommé Kjaran venant d'une autre ferme du secteur se mis en tête avec son fils de faire le job. Ils réalisèrent d'une traite une première jonction par le sud. Neuf ans plus tard ils réalisent la boucle complète par le nord... un bulldozer et deux acharnés... Kjaran gagna une notoriété locale immense. Il est malheureusement désolant de voir lors de mon passage que la ferme Svalvogar est abandonnée (voir ici sur Google Maps) . Même avec un 4x4 et l'existence d'une route, l'isolement est immense, on imagine en hivers avec quantité de neige. Et à contrario, je croise non loin une petite datcha en construction...
Un passage particulièrement abrupte réalisé par deux acharnés
Après avoir vu un phoque hier qui montre le bout de son nez plusieurs fois, je m'estime extrêmement chanceux de ce qui va suivre:
Au loin, un petit mammifère gambade le long de la route, ça ne peut être que lui ... il est le seul mammifère endémique à l'Islande... sa longue queue blanche et son corps brun noir.... il m'a rapidement entendu, il tourne la tête, il me voit, il n'hésite pas beaucoup, il s'enfuit à travers la lande par de petits bonds et de grandes enjambées pour un si petit animal... il regarde une ou deux fois en ma direction pour vérifier qu'il est bien en sécurité... le renard arctique.
(( j'ai tout filmé... il était loin, on verra plus tard ce que ça donne)
Je continue ma route, le temps s'est couvert, sa souffle et il fait froid, j'avoue que je ne me situe pas bien sur la carte, elle n'est pas accès précise et j estime assez mal ce qui me reste à faire. Après, il n'y a pas d ambiguïté sur le trajet il n'y a aucune option à part suivre la trace...
On m'a dit que la station service de Thingery à destination, qui fait également café, fast-food, supérette, ferme à 21h... l'heure approche et je vois pas comment je serai là-bas à temps pour acheter deux ou trois choses qui permettront de profiter d'un dîner agréable. Me voici sorti des falaises et la route se fait plus praticable, elle devient gravier, puis goudron. Je passe un aéroport de campagne flambant neuf, sans âmes qui vive ni même une voiture, je sens que j'arrive.
Un petit cimetière isolé sur le côté, c'est un cimetière français.
Cimetière français de Thingery
Beaucoup de pêcheurs français ont écumé la zone et l'Islande à la grande époque, beaucoup y ont péri. Au sud de l'île, on conte encore la tragédie de pâques ou 6 ou 7 (je ne sais plus trop) goélettes de pèche françaises ont été prises dans une tempête et se sont échouées, beaucoup de marins périrent.
D'ailleurs, Patrekfjordur regorge d'un passé franco-islandais important, il s'agissait d'une base importante de pèche et d'échanges, un monument dédié aux pêcheurs Français rend également hommage à ce passé glorieux.
Ça y est, 21h05, j'arrive en ville (300 habitants), je me jette dans la station, c'est toujours ouvert, deux familles font des orgies de Hot-Dogs préparés à la chaîne par les serveuses...
Je me ravitaille et fait le point, j'ai mis 6h pour faire la boucle... pas mal... à peu près ce que j'avais prévu ( Je deviens bon :-))



